Cette page sur Néhémie est extraite d'un module de formation sur le site francophone des Cellules Paroissiales d'Évangélisation. La compréhension biblique de la vision, héritée du livre de Néhémie, est présentée ici dans le contexte des cellules. Ce module cherche justement à intégrer la compréhension de la vision à l'expérience cellulaire.
Toutefois, il est aisé de transposer à un autre contexte pastoral, et cela permet de mieux comprendre les valeurs et les principes qui sous-tendent la mission des Éditions Néhémie.
Les trois premiers volets du module sont présentés ici. Consulter le site source pour un large éventail d'information : Cellules-Evangelisation.org >
1 – Se former au processus visionnaire selon Néhémie – présentation vidéo
Interview du père Mario St-Pierre qui nous invite à adopter et développer le processus visionnaire pour une transposition dans l’expérience des cellules paroissiales d’évangélisation.
2 – La pédagogie de la vision selon Néhémie
Comment adopter et développer une pédagogie du processus visionnaire qui soit progressive et adaptée à l’expérience des cellules paroissiales à travers les 8 étapes de la vision chez Néhémie.
3 – Néhémie, un personnage unique sur le chemin de la vision
Comment le témoignage de Néhémie peut aider les équipes évangélisatrices à mieux intégrer la compréhension biblique de la vision telle qu’on la retrouve dans le livre de Néhémie.
Pour nous introduire dans ce module de formation autour de Néhémie, voici une interview du père Mario St-Pierre qui nous invite à adopter et développer le processus visionnaire pour l'adapter aux Cellules Paroissiales d’Évangélisation.
Il nous fait une présentation autour de ces trois axes :
Dans la vision de Néhémie, on peut identifier 8 étapes :
Une vision n’est jamais concurrente aux autres visions.
La vision multiplie l’action de Dieu au cœur du monde.
Première étape : Néhémie est échanson du roi Artaxerxès. Il vit à Suse, capitale du royaume perse, située à 800 ou 900 km de Jérusalem. Il reçoit la visite de son frère Hanani. Néhémie s’effondre en recevant ces informations. Profondément touché, il entre en prière. Au bout de quelques semaines, il se présente devant le roi sachant qu’il risquait sa vie.
Deuxième étape : Il définit la stratégie de la vision. La vision est intentionnelle. Si je veux atteindre tel objectif, je dois fixer des étapes de réalisation.
Troisième étape : Néhémie communique la vision. Néhémie arrive après 142 ans de murs détruits. Le problème, c’est qu’on s’habitue à des murs détruits. Il entraîne le peuple dans l’unanimité : « Levons-nous et bâtissons ! » (Néhémie 2, 18).
Quatrième étape : La réalisation de la vision. Il fait la description des murs dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Il faut noter la centralité théologique de la porte des brebis. Dans Jean 10, Jésus dit bien : « Je suis la porte des brebis ». c’est la porte par laquelle on faisait entrer les animaux du sacrifice.
Néhémie distribue le travail par de petites équipes, des cellules.
En gros, cela prendra, dans le cas de Néhémie, 8 mois pour vivre les 3 premières étapes et 52 jours pour réaliser la vision. (Néhémie 6, 15 : mois d’Elul, en 52 jours).
La prière et la méditation de la Parole...
La prière est présente non pas seulement au début du processus visionnaire, mais à toutes les étapes, en particulier devant les problèmes qui surgissent dans la réalisation de la vision. La prière permet de se concentrer sur la vision et de ne pas se laisser distraire par les difficultés. Néhémie a compris que plus il y a résistance, plus il y a opportunité à se concentrer sur la vision.
Quand la vision est accomplie, il y a fécondité : on assiste au réveil spirituel du peuple d’Israël (cf. chapitre 7 à 13).
Y a-t-il vraiment une vision dans le livre de Néhémie ?
Il n’a pas reçu une vision selon un mode extraordinaire de réception. Quand on lit Néhémie, où est la vision ? On peut parler d’un mode exceptionnel de réception de la vision. Mais avec Néhémie on doit parler d’un mode ordinaire de réception de la vision qui consiste à lire les signes des temps (les événements) à la lumière de la méditation de la Parole de Dieu.
Néhémie médite la Parole de Dieu. Il médite en particulier le chapitre 30 du livre du Deutéronome : la vision de Moïse à propos du peuple en exil.
En hébreu Moïse écrit : « Si tu reviens à l’intérieur de toi, (…) si tu reviens au Seigneur ton Dieu, (…) le Seigneur te fera revenir. » (Deutéronome 30, 1-5).
La vision naît et surgit dans cette double lecture
des événements et de la Parole de Dieu.
En vertu de notre baptême et de notre union au Christ Prophète, nous sommes invités à lire les événements et à lire la Parole de Dieu pour faire surgir de nos cœurs la vision. On a la confirmation que Néhémie a reçu la vision : « Ce que Dieu m’avait mis au cœur de faire pour Jérusalem » (Néhémie 2, 12). Il reçoit la vision pour agir et permettre au peuple d’Israël un renouveau spirituel.
Proverbes 29, 18 : « Sans vision, le peuple périt ». Autres traductions : « ... le peuple se désagrège », « … le peuple est sans frein ».
Il ajoute : « heureux l’homme qui écoute la Parole de Dieu » — Le paradoxe de la vue et de l’ouïe : la parole de Dieu nous fait voir.
Sans vision, nous sommes dirigés par :
Par contre, la vision :
Il est bien de relire comment Paul a vécu le processus visionnaire dans sa mission d’évangélisateur : lire Philippiens 3, 12-17. Dans l’expérience des cellules paroissiales d’évangélisation, nous sommes invités à adopter ce processus visionnaire.
Voyons comment le témoignage de Néhémie peut aider les équipes évangélisatrices à mieux intégrer la compréhension biblique de la vision telle qu’on la retrouve dans le livre de Néhémie. Celui-ci nous livre un témoignage unique d’une étonnante actualité. Inspiré de Dieu et visionnaire dans le sens profondément biblique, il ouvre des perspectives pleines d’espérance pour une Église qui veut sortir de l’exil et entrer dans une ère de reconstruction.
Néhémie nous offre une vision qui se réalise dans un temps et un lieu précis de l’histoire du peuple d’Israël. Les étapes de cette vision sont cernables et identifiables d’un point de vue pédagogique. Cette vision s’applique étonnamment et particulièrement dans le contexte pastoral d’une Église qui veut intensifier sa mission évangélisatrice. Vivre ce changement au cœur même des communautés paroissiales ne va pas sans questionnements et difficultés. Néhémie nous présente de manière sereine, pratique et réaliste les étapes d’une telle vision. Quand elle vient de Dieu, la vision s’offre toujours d’une manière unique et originale. Mais cela ne l’empêche pas d’être un processus qui se déploie selon des étapes précises. Lire Néhémie, c’est en même temps découvrir les caractéristiques universelles de la vision de Dieu tout en s’émerveillant de ses actualisations particulières et personnelles.
Nous proposons différents niveaux de lecture :
Un regard historique et biblique
qui permet de bien mettre en place les étapes de cette vision.
Un regard sur les résistances
que suscitent la vision de Néhémie et, en fait, de toutes visions.
Un regard ecclésial
pour bien montrer l’actualité de Néhémie en ce qui concerne la vision d’une Église évangélisatrice.
Un regard pastoral
pour bien approfondir la personnalité de Néhémie, comme modèle de tout responsable laïc.
Un regard spirituel
pour mettre en valeur le sens biblique et théologique de la reconstruction des murs de Jérusalem.
Néhémie est un homme imprégné de la Parole de Dieu. Il vit avec une conscience éclairée par l’Écriture. La réalisation de sa vision correspond à sa lecture méditée de la Parole de Dieu. Néhémie témoigne de ce que la « Main de Dieu » a accompli (Néhémie 2, 8.18). Tout au long du texte, il emploie le « Je », la première personne du singulier. Cela est très rare dans les livres de l’Ancien Testament.
Laissons-nous guider par ce personnage unique sur le chemin de la « vision ». Laissons-nous interpeller pour que soit réhabilitée au sein de la pensée et de la pastorale catholiques la réalité biblique de la vision.
| Néhémie | Dates | Événements |
|---|---|---|
| 1, 1.4 | Nov.-déc. 446 (Kisleu) |
Néhémie prend connaissance des problèmes et prie |
| 2, 1 | Mars-avril 445 (Nisan) |
Néhémie rencontre le roi Artaxerxès |
| 2, 11 | Néhémie se rend à Jérusalem | |
| 3, 1 ; 6, 15 | Juil.-août 445 (Ab) |
Néhémie débute la construction du mur |
| 6, 15 | Août-sept. 445 (25 du mois d’Élul) |
Néhémie complète le mur |
| 7, 72b | Sept./oct. 445 (1er du mois de Tishri) |
Célébration du Jour des Trompettes |
| 8, 13-15 | Sept./oct. 445 (2e du mois de Tishri) |
Célébration de la Fête des Tabernacles |
| 9, 1 | Sept./oct. 445 (24e du mois de Tishri) |
Temps des Confessions |
| 12, 27 | Sept./oct. 445 (Tishri) |
Dédicace du Mur |
| 13, 6 | 445-433 | Premier mandat de Néhémie comme gouverneur |
| 13, 6 | 433-424 (??) |
Néhémie retourne en Perse |
| 433 (??) |
Malachie prophétise à Jérusalem en l’absence de Néhémie | |
| 13, 1.4.7 | 424 (??) |
Retour de Néhémie dans la capitale |
Entre la rencontre avec Hanani et la rencontre avec Artaxerxès, il s’est écoulé 4 mois (Néhémie 1, 1 – Né 2, 1).
L’arrivée à Jérusalem a eu lieu 4 mois après la rencontre avec le Roi (Néhémie 2, 11). Les murs ont été relevés en 52 jours (Néhémie 6, 15). Ainsi, le temps de préparation de la vision dure 8 mois et le temps de réalisation dure 1 mois 1/2.
Vérité clé
La préparation de la vision dure plus longtemps que sa réalisation. Une préparation rapide et expéditive donne une vision courte et étroite (cf. Pr 21, 5 ; Si 22, 16). Il faut prendre plus de temps pour préparer et définir la vision que de la réaliser.
XHTML 1.0 À jour le 13 mai 2010